Noucky
Noucky, de son vrai nom Anouck, c’est une DJ et une organisatrice de soirée, mais c’est aussi et surtout une féministe intersectionnelle, une antiraciste, une antifasciste qui prône les valeurs de la fête libre.
Elle, ce qu’elle veut, ce n’est pas de vivre de sa musique, mais de raconter des histoires, transporter son public avec elle, être cette meuf mimi qui fait du son bien vener, qui ouvre sa gueule et qui met ses valeurs au cœur de ses actions et de sa musique. Entre DJ sets et morceaux en collaboration, elle fait aussi partie de plusieurs collectifs comme Main Forte, qui sensibilise et protège face aux violences sexistes et sexuelles (VSS) en milieu festif.
Quand on lui a demandé quelle était son expérience en tant que femme dans ce milieu majoritairement masculin, elle nous a expliqué que les obstacles et difficultés ont été, et restent nombreux. Entre mansplaining et manque de prise au sérieux, il n’est pas facile de se faire une place en tant que femme artiste. Elle nous explique qu’on attend la perfection des femmes en set, on leur en demande beaucoup plus qu’aux hommes pour même espérer être prises au sérieux. En plus de cette grande pression, elle a également fait face aux éternels lourdeaux qui ne jurent que par la sexualisation de la femme sans même apercevoir son art ou ses compétences.
Heureusement, elle nous dit qu’elle a réussi à faire face à ces difficultés grâce à un entourage sain, elle a su trouver une safe place ou les mots d’ordres sont sororité et partage, avec ces assos par exemple.
La musique pour Noucky, ça a d’abord été un moyen de combattre la dépression et l’anxiété pour retrouver sa confiance en elle. Être DJ, c’est comme un défi permanent pour son anxiété et même si ce n’est pas facile tous les jours, elle reste fière de son parcours et espère que ça continuera encore longtemps.
Elle a déjà pu accomplir certains de ces objectifs comme par exemple mixer dans une grande salle, ce qu’elle a fait au Bikini, ou encore mixer en festival, ce qu’elle va faire cet été. Mais elle garde certains objectifs à accomplir sur le long ou court terme, comme faire danser un millier de personnes, mixer sur une façade de 80 Kg ou plus généralement politiser la scène au travers de ses propres créations.
Maintenant, elle vous dit à toutes « GO GIRLS GO », prenez votre place là où on ne vous l’offre pas. Elle invite à se lancer même si on a peur, tout peut être dépassé. Elle encourage finalement à dénoncer, parce que la fête c’est politique.
