Rencontrez LOU: celle qui se bat pour sauver notre climat
Bonjour mademoiselle Gomez, Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lou Gomez, je suis originaire d’Aix-en-Provence, j’ai 27 ans et j’habite à Montpellier depuis 3 ans. Je crois en l’équité, l’égalité et la justice, c’est des valeurs qui m’animent depuis que je suis enfant. C’est ce qui m’a poussé à me tourner vers l’écologie, plus particulièrement dans le changement climatique. Moi j’ai toujours voulu travailler dans l’environnement.
Dans quel domaine travailles-tu ?
Le domaine dans lequel je suis aujourd’hui, c’est vraiment l’adaptation au changement climatique. Comme je suis climatologue, je peux étudier les prédictions climatiques qui ont été faites par le GIEC et d’autres rapports scientifiques et d’autres modèles climatologiques. L’idée, c’est, à partir de ces prédictions, d’essayer d’anticiper les changements climatiques qui vont avoir des impacts sur la biodiversité, sur les êtres humains et sur les sociétés. Le métier de climatologue consiste à anticiper les sécheresses,les incendies, l’élévation du niveau de la mer et de limiter les pertes humaines et un écocide.
Peux-tu faire un rapprochement entre la cause écologique et féministe ?
Les femmes sont beaucoup plus exposées à des précarités de logement, qui font que quand s’annonce une grande période de canicule, ça va être plus difficile pour elles de se protéger des fortes chaleurs.
Les personnes âgées qui sont exposées en EHPAD, souffrent aussi des conséquences de ces grandes chaleurs car on se rend compte que les bâtiments sont très vieillissants.
Les enfants non plus ne sont malheureusement pas épargnés et si on fait un regard multi-croisé, multicritère de tous les impacts, on se rend compte que globalement, les grands perdants du changement climatique, c’est un peu toujours les mêmes, ce sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, et les personnes racisées encore plus, puisqu’effectivement, lorsque l’on subit des discriminations à l’emploi, au logement, on a moins de possibilités de se réajuster, et de s’adapter à des conditions constamment changeantes au niveau climatique.
Comment as-tu contribué à l’évolution de ce milieu?
Cela fait quatre ans que je suis dans le milieu, et je peux dire avec toute humilité, que je pense que j’ai pu contribuer à l’évolution de ce milieu, donc quand je parle de milieu, je parle beaucoup de l’adaptation. J’y ai contribué parce que j’ai participé au tout premier appel à projets dans la France sur les îlots de chaleur urbains, lancé par l’ADEME, c’est l’agence du ministère de la transition écologique. Et moi j’étais référente sur toute la région Occitane où a été mis en place le projet, il s’appelait Plus fraîche, Ma ville.
Avec mon équipe, on a contribué à justement mobiliser les acteurs territoriaux. Ce sont des EPCI, qui sont des établissements publics, à intérêt commercial. Nous devions les aider à s’adapter aux îlots de chaleur urbains, en réfléchissant à des solutions pour réduire la chaleur en période de sécheresse.
Es-tu fière de ton parcours?
J’ai incarné pas mal de périodes de creux, de remise en question, de chômage, et aussi de découragement. En fait, je suis une personne anxieuse de nature. Je pense que n’importe quel jeune qui se lance aussi dans le milieu du travail, il se posera des questions et se demandera s’il a fait le bon choix. Avec le recul, je suis fière. Et même si, un jour, je changeais de domaine, je serais toujours vraiment contente d’avoir fait ça.
Est-ce que tu as rencontré des obstacles ou des ressentis qui ont pu être une entrave à ton parcours ?
J’ai très vite constaté l’existence des systèmes de classe au sein de l’ADEME et la compétition qui se mettait en place envers les uns et les autres. Franchement, la première semaine, je pleurais, je me disais : “je ne suis pas à ma place”, et c’était violent, parce que je n’avais jamais ressenti ça dans ma vie.
Et puis y’a les hommes qui ont tendance à vraiment minimiser ton travail et qui te coupent la parole pendant les réunions. Heureusement que je m’étais déjà un peu éduquée sur le féminisme et toutes ces micro-agressions que peut subir une femme dans un cadre professionnel.
J’ai malheureusement subi du harcèlement sexuel comme certaines de mes collègues dans notre cadre de travail. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai osé parler à mes collègues femmes de ce que je traversais. Je n’étais pas toute seule car elles aussi ont subi ce harcèlement de la part d’un de nos collègues. J’encourage fortement les femmes subissant quelconque forme de harcèlement à parler autour d’elles. Elles seront comprises et accompagnées. Cela a été un vrai soulagement pour moi de ne pas être seule.
Un dernier mot à faire passer ?
J’aimerais dire à cette génération, surtout aux personnes anxieuses, que ça vaut quand même le coup de s’engager, que ce soit dans son métier, dans des associations, ou même dans l’ art. Ca vaut le coup de continuer à croire à ces idéaux d’une société juste, d’une société écologique, féministe. Parce que, ce qui est trop cool, c’est que, quand on s’accroche toujours à ces valeurs-là, même si, des fois, c’est un peu dur, on a l’impression d’aller contre la société, on peut se dire qu’on a fait quelque chose.
