Zoom sur la loi parité

Dans les années 1970, le débat féministe s’intensifie et prend de plus en plus de place dans la société. A l’époque, la gestion paritaire est implantée dans le débat public, un concept qui consiste à mettre à égalité les employeurs et les employés.

 

De cette gestion paritaire découle dans les années 1990 le concept de parité. Cette fois, le principe n’est pas de mettre à égalité les employeurs et les employés d’une même structure mais les hommes et les femmes en politique. En effet, en 1990, les chiffres sont alarmants : les femmes représentent 5% de l’assemblée nationale, un chiffre en baisse. En 1946, elles étaient 7%. Au sénat, les femmes sont encore plus invisibilisées : elles ne sont que 3%.

 

C’est dans ce contexte que le parti socialiste propose un amendement : l’idée est d’imposer 25% de femmes dans les listes électorales des Municipales. L’amendement passe sans encombre, et est finalement voté. Il ne sera jamais appliqué car en 1982, le Conseil Constitutionnel jugera que cette loi est contre le principe d’égalité. Selon eux “les citoyens ne sauraient être divisés en catégories”.

 

La première femme Première Ministre est nommée en 1991 par François Mitterand, il s’agit d’Edith Cresson. Cette première victoire est vivement critiquée. Edith Cresson est accusée de façon dégradante d’avoir reçu une “promotion canapé” avec le Président.

La loi sur la parité, plus ambitieuse et plus juste que le premier amendement socialiste, demandera finalement 50% de femmes dans les listes électorales. Elle sera promulguée le 6 juin 2000. Finalement, la loi a eu des effets probants dans les communes de plus de 3 500 habitants, la part des femmes élues dans ces conseils municipaux en 2019 étant passée de 27% à 40%. C’est le cas également pour les conseils régionaux : après les élections de 2015, la  part des femmes y est passée de 27,5% à 48%.