Le parcours d'une psychologue engagée

Un parcours empli de solidarité


Laëtitia Claux vit à Gaillac depuis trois ans. Elle est mère de deux ados, et reprend son travail en tant que psychologue. Sa curiosité et son envie de liberté la poussent à voyager, faire du sport, voir des amis etc.


Sa carrière a débuté par un DESS, spécialisé dans l’accompagnement des enfants et des adolescents. Rapidement, elle a travaillé dans le droit des femmes pendant sept ans au CIDF de Montauban. À l’origine conseillère en emploi et en formation, Laëtitia a exprimé son envie de mettre en place des actions pour les femmes victimes de violence. La directrice lui a alors laissé  carte blanche. Soutenue par son équipe, Laëtitia a pris l’initiative de monter un groupe de parole pour les femmes victimes de violences conjugales, ainsi qu’un lieu d’écoute individuel et une unité d’accueil pour les personnes victimes de violences volontaires.


Laëtitia a beaucoup apprécié travailler dans le domaine du droit des femmes, car tout y était à construire, et elle trouvait du sens dans la réflexion et la création de nouveaux projets.


Le travail d’équipe étant très important à ses yeux, Laëtitia multiplie les partenariats lors de son installation en libéral. Mais en 2020, après avoir accompagné des patients souvent victimes de traumatismes, elle ressent le besoin de prendre soin d’elle-même. Elle fait un burn-out et s’arrête pendant deux ans. En 2022, elle reprend progressivement son activité en travaillant au CRIC de Toulouse, dans l’accompagnement à la reconversion de personnes en situation de handicap, puis dans une association de Perpignan accueillant des réfugiés ukrainiens.


À la suite de ces deux missions, Laëtitia rentre à Montauban. Mais son fils souhaite passer plus de temps auprès de son père. C’est l’occasion pour elle de faire des choix. Montauban n’étant pas une ville très attractive à ses yeux, elle s’installe à Gaillac, où elle parvient à se faire une place.


Aujourd’hui, le modèle du salariat ne lui convient plus. Même si elle s’est sentie soutenue au long de sa carrière, son énergie la pousse à prendre soin d’elle et à évoluer à travers le voyage, notamment pendant les périodes d’hiver, parfois difficiles pour beaucoup d’entre nous. Elle fait alors le choix de se réinstaller en libéral, en proposant des consultations en visioconférence. Cependant, il est très important pour elle d’être soutenue et accompagnée dans son projet. Elle s’entoure de ses amis, de sa famille et de partenaires professionnels afin de multiplier les points de vue et les visions du monde.


La vie comme un apprentissage


Cette évolution de carrière lui a beaucoup apporté, car “accompagner des gens nous amène à nous questionner nous même en tant que personne et être humain, et en tant que femme”. De plus, cela lui a permis de développer une approche collective et une dynamique d’entraide, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle.


Son parcours dans le domaine des droits des femmes l’a également conduite à réfléchir à sa position en tant que femme. Dans son métier, elle apprenait aux femmes à se protéger. Ainsi, elle a appris à fixer des limites et à dire non. Pour elle, aider les autres, c’est aussi s’aider soi.


Sa réflexion s’est également approfondie à travers ses lectures, notamment celles d’Elisabeth Badinter, dont la vision féministe résonne avec les valeurs de Laëtitia.


Comme dans de nombreux métiers, Laëtitia a subi et constaté des inégalités entre les femmes et les hommes, d’abord à travers les différences salariales. Il est en effet plus facile pour les hommes de négocier des salaires élevés, la maternité étant souvent reprochée aux femmes, notamment de par leurs absences lorsque leurs enfants sont malades.


Elle a également été confrontée à des remarques sexistes sur sa manière de s’habiller, ou à des blagues déplacées. Mais elle ne s’est jamais laissé décourager. Pour y faire face, elle a recours à l’humour et à la dérision.


Un message à faire passer


Aujourd’hui, Laetitia est fière de son parcours. Toutes ses rencontres personnelles et professionnelles l’ont beaucoup aidé. Un petit message à passer lui tient particulièrement à cœur : “Il ne faut pas écouter les gens, et croire en soi. Il faut y aller et croire en son étoile, et la vie fait le reste si on met de l’énergie dedans”.