Anne-Lise Vallet, maître d'oeuvre

Depuis 2020, Anne-Lise Vallet co-dirige avec un associé une entreprise de maîtrise d’œuvre. Vous êtes curieux et ne connaissez pas vraiment ce métier ? Alors vous êtes au bon endroit, car je l’ai rencontré, et j’ai pu lui poser quelques questions !

 

Il est tout d’abord primordial de savoir qu’un.e maître d’œuvre travaille dans le secteur des Bâtiment et Travaux Publics (BTP), mais n’est pas un.e artisan.e à proprement parler. En tant que maître d’œuvre et cheffe d’entreprise, les missions d’Anne-Lise sont multiples, et relèvent principalement de la conception puis la gestion de chantiers, sans intervention directe sur ces derniers. L’objectif final est de répondre aux attentes de ses clients, dans le respect des réglementations en vigueur. Elle doit, dans un premier temps, contribuer à la définition du projet de construction ou de rénovation, étape passant notamment par la réalisation de plans. Elle sélectionne ensuite les prestataires de services les plus adaptés selon elle, et coordonne leurs interventions. Enfin, lors de la phase de chantier, elle veille au bon approvisionnement en matériaux ainsi qu’au respect des délais. L’entreprise d’Anne-Lise possède par ailleurs une particularité, qui lui tient à coeur : celle de construire dans une optique plus écologique. Le béton, très utilisé dans le BTP, a en effet un impact assez désastreux sur l’environnement; ainsi, l’entreprise d’Anne-Lise privilégie des matériaux dits “biosourcés” (bois, paille, ouate de cellulose) afin de construire des bâtiments plus durables.

 

C’est cette volonté de sobriété énergétique qui les a motivé, elle et son associé, à fonder cette entreprise, après l’arrêt d’activité de la société dans laquelle ils travaillaient précédemment. Cette création a néanmoins été le fruit d’une longue réflexion et de plusieurs étapes. Ils ont d’abord réalisé un prévisionnel financier afin d’estimer les investissements nécessaires à la mise en place de leur activité, ainsi que le chiffre d’affaires cible. Puis est venue la phase de recherche de financement auprès des banques, et enfin la prospection de futurs clients. Profitant des dispositifs mis en place par la Chambre du Commerce et de l’Industrie (CCI), ils ont également bénéficié de la formation “5 jours pour entreprendre ».

 

Avant d’en arriver là, le parcours d’Anne-Lise commence au début des années 2000 par l’obtention d’un DUT en biologie et environnement ainsi qu’une licence professionnelle en gestion des ressources environnementales en milieu rural. Mais elle doit ensuite pendant trois ans effectuer de petits emplois, ne trouvant pas de poste dans son domaine de compétences. Elle se forme par la suite à la préparation de chantier en alternance, dans le cadre d’un baccalauréat professionnel, au sein d’une entreprise spécialisée dans l’ossature en bois. Elle obtient finalement son diplôme en 2009, et intègre l’entreprise dans laquelle elle travaillera jusqu’à la création de sa propre entreprise. Par ailleurs, elle et son associé ont rencontré quelques difficultés dans la mise en place de leurs projets, l’écoconstruction demeurant une filière de niche. Heureusement, le travail en binôme leur a permis de renforcer leur crédibilité auprès de leurs partenaires, et le projet a été soutenu par les personnes qui les entouraient.

 

Si le secteur du BTP demeure en grande majorité masculin, notamment parmi les ouvriers sur chantiers, il est toutefois appréciable de noter qu’en 2025, les entreprises adhérantes à la Fédération Française du Bâtiment (FFB) étaient, pour la moitié d’entre elles, dirigées ou codirigées par une femme. Néanmoins, l’expérience d’Anne-Lise permet de constater la persistance de certains biais sexistes, même minimes. En effet, elle me confie qu’il est déjà arrivé, ponctuellement, que certains de ses interlocuteurs s’adressent de manière plus spontanée à son associé, ou bien qu’on la confonde avec une secrétaire. Ces attitudes sont sans doute inconscientes ou involontaires, mais traduisent l’imaginaire d’une société où le masculin l’emporte sur le féminin dans les postes à hautes responsabilités. 

 

Aujourd’hui, Anne-Lise m’assure être plutôt fière du chemin qu’elle a parcouru, et notamment d’avoir gagné en confiance en elle, avec le temps et l’expérience acquise. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle n’a plus de nouvelles ambitions. Sur le long terme, elle souhaiterait assurer la sensibilisation et la transmission de l’importance de l’écoconstruction, notamment en formant d’autres professionnels à cette manière d’aborder le BTP. 

 

Si vous voulez en apprendre davantage sur Anne-Lise Vallet et son entreprise, n’hésitez pas à consulter son site web, dont je vous donne le lien ci-dessous !



Adèle Bourmalo



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